Coopérative Andines : De l’éthique sur les palettes

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Loin des escroqueries « équitables » du type Max Havelaar, il existe des coopératives qui s’attachent réellement à la façon de produire, de conditionner, de transporter, de distribuer. Parmi elles, Andines, à Saint-Denis, qui cherche actuellement à se développer.

Fondée en 1987, la démarche d’Andines est différente de ce que l’on appelle en France « le commerce équitable », car elle est globale et autogestionnaire. Elle s’applique partout (pas seulement au « sud » de la planète), à toutes et tous les travailleurs qui interviennent le long d’une filière (et pas aux seuls producteurs), et cela en toute transparence. Elle est fondée sur l’autogestion au quotidien, tant au sein de la coopéra­tive qu’avec ses partenaires : l’objectif commun est le développement collectif dans le respect des personnes et de la nature.

Non seulement chacun doit pouvoir vivre correctement de son travail, mais aussi participer à la vie économique, sociale et politique de son entreprise, de sa communauté et de son pays. Andines se définit comme un outil de lutte dans un processus de transformation sociale.

Aujourd’hui, Andines distribue en Europe, en gros et au détail, 2 000 produits alimentaires et artisanaux qui proviennent de 13 pays, dont la France. Andines vend au détail dans son magasin (café, chocolat, quinoa, confitures, boissons, épices, objets utilitaires, cadeaux, etc.) et travaille comme grossiste avec d’autres boutiques, des associations, des syndicats, des collectivités territoriales et des comités d’entreprises, hors grande distribution.

200 visiteurs tous les deux mois

Comme chacun de ses partenaires, Andines est ancrée sur son territoire : ses locaux sont ouverts du lundi au samedi, des « portes ouvertes » attirent tous les deux mois près de 200 visiteuses et visiteurs, des projections-débats sont organisés et 70 repas sont servis lors de ces événements. Chaque mercredi, ses locaux accueillent l’activité d’une association de maintien de l’agriculture paysanne (Amap). Le système d’échange local (Sel) et d’autres organisations de Saint-Denis y tiennent aussi leurs réunions. Un jardin partagé est également réalisé sur place.

Andines est cofondatrice du réseau Minga (Minga.net). Elle informe en permanence sur ses activités et sur les enjeux socio-économiques des filières, participe à des campagnes militantes et organise des stages de formation avec l’idée d’essaimer plutôt que grandir démesurément...

Malgré tout, Andines a aujourd’hui besoin de grandir. En 2014, son chiffre d’affaires a augmenté, mais sa trésorerie est insuffisante pour acheter suffisamment. Andines doit impérativement trouver 250 000 euros (soit 1 000 personnes qui prêtent 250 euros) pour reconstituer un véritable fond de roulement et créer deux à trois nouveaux postes de travail dès le 1er trimestre 2015. Ce ne sera possible qu’avec l’appui de toutes celles et ceux qui sont convaincus qu’il faut préserver les alternatives économiques existantes.

L’équipe d’Andines, Céline, Véronique, Michel, Renaud

On connaît les sociétés coopératives ouvrières de production, dont certaines s’efforcent de pratiquer l’autogestion (lire « Réseau Repas : des scop autogestionnaires » dans Alternative libertaire de mai 2012). On connaît moins les coopératives de distribution qui s’inscrivent dans la même veine. Parmi elles, la coopérative Andines, à Saint-Denis.

Depuis 2012, Andines est un pilier de la Foire à l’autogestion de Montreuil, et c’est dans ce cadre que les militantes et les militants d’AL ont fait la connaissance de son étonnante équipe. Loin des dérives mercantiles qui ont corrompu les idéaux de nombreuses coopératives, Andines travaille avec une exigence et une réflexion constantes sur ce qu’il est possible de faire dans le cadre capitaliste… avec une éthique anticapitaliste.

Aujourd’hui, la coopérative a besoin de fonds pour franchir une nouvelle étape, et nous lui avons volontiers donné la parole.

Guillaume Davranche (AL Montreuil)

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